De la naissance de l’Italie à l’après-Guerre : Histoire de l’immigration et de la diaspora Italienne

L’Italie jouit d’une incroyable notoriété sur le plan culturel, alors qu’elle n’a jamais été une puissance militaire (même sous Mussolini), économique ou politique. Elle a bien eu quelques colonies en Afrique (Libye, Erythrée, Ethiopie) mais elle était très loin de prétendre être un Empire colonial, comme l’était sa voisine, la France. On ne parle l’Italien qu’en Italie. Le cinéma transalpin (très actif dès le début du XXème siècle et internationalement reconnu), la pizza, Ferrari, le cyclisme et le Calcio (son championnat de football, l’un des plus prestigieux au monde, grâce à de grands clubs comme la Juventus Turin, le Milan AC, l’Inter Milan ou la SC Napoli) ne peuvent expliquer à eux-seuls l’impact culturel de ce petit pays de 60 millions de monde sur le monde. Une autre explication se trouve du côté de sa diaspora.

L’Italie a en effet toujours été un pays d’émigration. Dès sa création en 1860, de nombreux Piémontais, Lombards et Vénitiens (puis, plus tard des habitants des régions du Sud) ont fui la misère pour aller chercher une vie meilleure en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Suisse, en Australie, au Canada, aux États-Unis, au Brésil, en Argentine, au Venezuela ou en Uruguay. Aujourd’hui, on estime la diaspora italienne (Italiens ou personnes d’ascendance italienne) à 90 ou 100 millions. Le continent américain est le plus représenté :

  • 30 millions au Brésil
  • 28 millions en Argentine
  • 18 millions aux États-Unis

Partout, ces émigrés vont importer leur culture d’origine dans leur pays d’accueil, mais ils vont aussi permettre aux mafias de la péninsule de s’exporter à l’étranger.

En France, cette diaspora italienne est estimée à 4 / 5 millions.

Dans les années 1920, l’arrivée au pouvoir du parti fasciste de Benito Mussolini va engendrer une nouvelle vague d’immigration, pour des raisons politiques cette fois-ci.

Puis, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, de nombreux Italiens vont à nouveau quitter le pays, exsangue par la guerre, pour notamment venir reconstruire la France. C’est la période des ordonnances de 1945, émises par le gouvernement de De Gaulle, qui facilitaient la régularisation et la naturalisation des immigrés après la Guerre.

Immigrés Italiens traversant les Alpes en 1945/1946
Migrants Italiens traversant les Alpes au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale

Comme pour les autres étrangers de l’époque (Espagnols, Portuguais, Belges ou Polonais), l’intégration n’est pas facile. Les Italiens souffrent de racisme et de xénophobie. On les traite de « ritals », de « macaronis ». On les accuse de tous les maux. Certains sont même battus à mort et assassinés, comme à Aigues-Mortes (dans le Gard, près de Nimes) ou 17 travailleurs italiens sont tués et 150 d’entre eux blessés en 1893 (Massacres d’Aigues-Mortes).

Beaucoup iront donc jusqu’à renier leurs origines afin de mieux s’intégrer en France. Ils francisaient leur nom, leur prénom, se cachaient pour parler italien.

Cette immigation italienne est au coeur de mon dernier livre Bien Paraître, un roman policier historique qui traite notamment de cette diaspora italienne en Rhône-Alpes. Découvrez-en plus sur ce bouquin ici.

Né en 1987 dans la région lyonnaise, Sébastien Mayoux vit depuis 2015 de l’autre côté de l’Atlantique, au Canada. Sorti en 2018, Al Baas : l’ennemi de l’intérieur est son premier roman.